Le Bazar de Ninkà 1

Le jeu des fleurs

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Une fois n’est pas coutume, j’avais envie de parler d’autre chose que de jeux vidéo. Grand amateur de go et de mahjong, je viens de me piquer de passion pour l’hanafuda Koï-Koï : jeu de carte nippon très populaire sur l’archipel, mais qui peine à trouver ses lettres de noblesse chez nous. Poésie oblige, on le nomme « jeu des fleurs » !

De la poésie en paquet de cartes

L’hanafuda est un jeu de cartes créé au Japon entre les XVIIIe et XIXe siècles. A cette époque, les japonais prennent des mesures radicales et décident de fermer les portes de l’île. Toutes les influences étrangères, même symboliques, sont bannies. Ainsi, les cartes d’hanafuda ne contiennent plus des rois, des reines et des valets, mais plutôt des grues, des fleurs de cerisiers et des coupes de saké.

En Asie, les cartes d’hanafuda servent à jouer à toutes une multitude de jeux. Je vais aujourd’hui vous parler du « Koï-Koï », l’un des plus populaires. Comme pour la coinche de nos cafés du commerce, il existe de très nombreuses règles qui peuvent varier d’une ville ou d’une famille à l’autre. Impossible, donc, de savoir lesquelles sont les plus légitimes. Alors faites-vous plaisir,  et faites comme bon vous semble !

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De la même façon que le backgammon ou la scopa, le Koï-Koï se joue à deux et mêle à la fois hasard et stratégie. Véritable guerre psychologique à se livrer sur le coin d’un comptoir de bar, le Koï-Koï a ce trait caractéristique des bons jeux : à la fois simple à comprendre, mais difficile à maîtriser.

Pour la petite anecdote, Nintendo, avant de se lancer dans les jeux vidéo, avait commencé son activité à la fin du XIXe siècle en vendant des cartes hanafuda. Voilà : mon parallèle avec le jeu vidéo est fait.

Le concept du jeu

Un jeu d’hanafuda est composé de 48 cartes, séparées par groupe de 4 selon les 12 mois de l’année. Toutes n’ont pas la même valeur. On distingue les cartes simples, les tanzaku, les animaux et objets, et enfin les cartes de lumière. Les tanzaku sont ces petits rubans où les japonais inscrivent un vœu avant de les accrocher à un arbre en attendant une divine intervention. Ils sont encore aujourd’hui très populaires, notamment à l’occasion de la fête de Tanabata.

L’objectif du jeu est de former des combinaisons appelés « yaku » avant votre adversaire. Plusieurs cartes de lumières, plusieurs tanzaku, rassembler à la fois le sanglier, le cerf et le papillon : les possibilités sont multiples et il faudra compléter vos annonces tout en mettant votre adversaire en porte-à-faux. Une fois un yaku formé, vous remportez la mise, ou vous déclarez « Koï-Koï » pour tenter de former un yaku supplémentaire, quitte à laisser votre adversaire remporter la manche avant vous.

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Dans le Koï-Koï, il faudra faire preuve d’observation, de culot, de psychologie, tout en comptant sur une part de chance, avouons-le. On peut se procurer un jeu pour une douzaine d’euros dans n’importe quel magasin de jeux de société. Sinon, je vous conseille ce jeu flash, histoire de comprendre à quoi ça ressemble. Amusez-vous bien !

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  • Iuli

    Juste un kiffe total 😀